« Le camp de Dora-mittelbau »

Le camp de Dora-Mittelbau

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Le camp de Dora-Mittelbau, un camp annexe du camp de Buchenwald.

Le camp de Dora, appelé aussi Nordhausen-Dora, est un camp de concentration nazi situé en Allemagne, au nord de Nordhausen.

« L’entrée du camp de Dora-Mittelbau »
L’entrée du camp de Dora-Mittelbau
« L’allée menant au camp de Dora »
L’allée menant au camp de Dora
«L’entrée du camp de Dora et la place d’appel »
L’entrée du camp et la place d’appel

En 1943, les Anglais bombardent Peenemünde, un site militaire de recherche allemand où sont fabriqués et essayés des missiles.

Après cette attaque, les Allemands transfèrent leur usine d’assemblage de fusées dans une colline du massif du Harz, près de Nordhausen et non loin de Buchenwald. Cette colline présente l’avantage de posséder un vaste réseau de tunnels souterrains destinés à l’exploitation d’un gisement d’anhydrite.

« L’entrée du tunnel du camp de Dora »
L’entrée du tunnel du camp

Durant la même année, le camp de Dora est créé. Il dépend du camp de Buchenwald. C’est l’entreprise Mittelwerk qui est chargée des travaux de construction.

En premier lieu, ce camp est destiné au stockage des missiles V2. Ensuite, des travaux d’aménagement sont réalisés par des détenus de Buchenwald. Ils doivent creuser de nouveaux tunnels afin d’y installer des usines affectées à la fabrication des fusées V2 ainsi que d’autres armes.

« Une maquette représente les galeries souterraines du camp de Dora »
Une maquette représente les galeries souterraines du camp

Pendant ces travaux, les prisonniers sont enfermés, jour et nuit, dans les tunnels. Suite à ces atroces conditions de vie et de travail, beaucoup meurent au bout de quelques semaines. Dès le printemps 1944, des baraquements, destinés à abriter les déportés, sont construits à l’extérieur.

La locomotive de Dora servait au transport de matériel par les déportés

En octobre 1944, Dora devient un camp autonome et prend le nom de Dora-Mittelbau. Sa production de missiles tourne à plein régime et nécessite la présence permanente de plus de 10.000 détenus. Nuit et jour, deux équipes de déportés se relayent et travaillent 12 à 14 heures par jour.

« Un tunnel dans le camp de Dora »
Un long tunnel froid et humide
Chaîne de montage de V2 dans le complexe Mittelwerk de Dora avant les bombardements alliés de 1945 photo : Wikipédia
«  Une moteur de V2 dans un tunnel du camp de Dora »
Ce qu’il reste de la chaîne de montage après les bombardements : un moteur de V2 et des éboulis
Un bric-à-brac de ferrailles

D’août 1943 à mars 1945, environ 60.000 prisonniers sont déportés dans le camp de Dora. 20.000 d’entre-eux ne survivent pas à leur déportation.

Ils sont décimés par l’épuisement au travail, la famine, les maladies, les mauvais traitements et les exécutions. Les inaptes au travail sont envoyés à Auschwitz ou au château Hartheim pour y être assassinés. Beaucoup meurent aussi lors des marches de la mort organisées par les nazis, juste avant la libération du camp par les troupes américaines, le 11 avril 1945.

Les fours crématoires de Dora
Près du crématorium, le lieu de mémoire et de commémoration Mittelbau

Après la guerre, certains scientifiques nazis, qui ont travaillé à Dora, sont récupérés par les Américains et les Soviétiques. L’ingénieur Wernher von Braun, dirigeant du camp de Dora et inventeur du missile balistique V2, ainsi que son équipe sont embauchés pour travailler dans un programme spatial américain. Des nazis à la Nasa !

Quelques années plus tard, Wernher von Braun conçoit la fusée Saturn V chargée de mettre en orbite le vaisseau spatial avant son voyage sur la lune.

La fusée Saturn V

Jusqu’à la fin de ses jours, Wernher von Braun minimisera sa position dans le camp et ne reconnaîtra pas les crimes commis sous ses yeux.

La visite

De loin, le site  de Dora ressemble à un havre de verdure dépourvu de toute construction. Mais en cheminant sur les lieux, on peut apercevoir des vestiges du camp : des escaliers, un bunker, des murs bas, des murs de fondation des baraquements des détenus et des locaux de fonction. Le crématorium, quant à lui, a survécu aux bombardements alliés

La visite des tunnels se fait en empruntant une passerelle surplombant un sol jonché d’amas de ferrailles tordues et rouillées. Dans la pénombre de ces boyaux, on peut tout de même apercevoir des gyroscopes, des moteurs et des réservoirs de fusées. Ces galeries s’étendent sur des kilomètres et comportent plusieurs niveaux. Par mesure de sécurité, certaines d’entre-elles, obstruées par des éboulis, ne sont pas accessibles aux visiteurs. 

Malgré la chaleur extérieure, ces galeries sont froides et humides. Frissonnant sous mon t-shirt d’été, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée émue pour ces milliers de détenus qui ont travaillé et dormi dans ce lieu sinistre et insalubre.

La visite des tunnels termiée, nous nous sommes rendus au crématorium avant de nous diriger vers le musée et son intéressante exposition permanente.

« Paul Baeten revoit le camp de Dora »
Paul Baeten de retour à Dora

Pour la visite de ce camp, ainsi que celle de Buchenwald, nous étions accompagnés par Paul Baeten, un des derniers rescapés de Dora.

Paul Baeten, entré en résistance à 16 ans, durant l’occupation nazie, a été arrêté et déporté comme prisonnier politique dans le camp de Dora-Mittelbau.

Après la guerre, il a perpétué la mémoire auprès des jeunes générations. En 2013, il a reçu le titre de Passeur de Mémoire par le Parlement de Wallonie. 

Quelques mois après ce pèlerinage, Paul Baeten nous quittait. Nous n’oublierons pas sa gentillesse, son interessante conférence donnée à Leipzig, ses témoignages et anecdotes concernant sa vie dans le camp. 

Petites Infos

Il faut compter 1h 30, en voiture, pour se rendre du Mémorial de Buchenwald, près de Weimar, à celui du camp de concentration de Mittelbau-Dora, près de Nordhausen. 

La visite du terrain du Mémorial, de l’exposition permanente et les visites guidées individuelles sont gratuites. On peut emprunter, gratuitement, des livrets d’accompagnement à l’information avant de se rendre sur le site. Des audio-guides sont également fournis pour les visites guidées individuelles du site et de l’exposition. Il faut prévoir 3h pour tout voir et bien se couvrir pour la visite des tunnels.  

La visite de ce Mémorial est incontournable pour le devoir de mémoire.

Crédit image : Les Territoires de la Mémoire

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