Oradour-sur-Glane, un village fantôme

Un crime contre l’humanité 

Dans la nuit du 5 au 6 juin, le débarquement a lieu en Normandie. Face à l’avance des forces alliées, les troupes allemandes font marche arrière. Comme elles l’ont fait à l’Est, elles exécutent un grand nombre de personnes, même en l’absence de lien avec la Résistance. 

Un ordre donné le 7 juin 1944 mène la Panzerdivision SS « Das Reich » à procéder à une atroce avancée meurtrière. La veille du massacre d’Oradour-sur-Glane, cette même division pend 99 hommes à Tulle.

« Les ruines d’Oradour-sur-Glane »
Les ruines d’Oradour-sur-Glane

Oradour-sur-Glane est un village qui se trouve non loin de Limoges, en Haute-Vienne. Cette ville est devenue tristement célèbre à la suite du massacre qu’elle a subit le 10 juin 1944, au cour de la Seconde Guerre Mondiale.

C’est le plus grand massacre de civils commis, en France, par l’armée allemande. En effet, 642 personnes ont perdu la vie ce jour-là.

Le village avant le massacre

Le 10 juin 1944, il y a beaucoup d’animation dans les rues d’Oradour-sur-Glane. Il n’y a jamais eu autant de monde dans le petit village. Et pour cause, de nombreux enfants évacués de Nice, Avignon, Montpellier et Bordeaux ont rejoint le bourg où séjournent déjà de nombreux jeunes lorrains.

« Le 10 juin 1944 jour du massacre à Oradour -sur-Glane »
Le jour de la tragédie

De plus, de nombreux habitants de Limoges et d’autres visiteurs sont présents pour le week-end ou pour se ravitailler. Suite à une distribution de viande et de tabac, de nombreux cultivateurs affluent en ville pour recevoir leur part. L’heure est donc à l’optimisme. La journée est belle et le récent débarquement est source de joie et d’espoir.

« Des objets du quotidien calcinés à Oradour -sur-Glane »
Des objets du quotidien laissés en l’état
« La boulangerie de Oradour -sur-Glane »
La boulangerie du village

Vers 13h45, des camions SS arrivent par la route venant de Limoges. Trois groupes se forment : l’un entre dans le village par la route principale, les deux autres encerclent la ville. De l’autre côté du village, d’autres camions prennent place pour renforcer leur présence autour du bourg. 

La majorité des personnes présentes à Oradour-sur-Glane, ce jour-là, ne cèdent pas à la panique. Il n’y a aucun combat entre le maquis et les Allemands aux alentours de la ville alors personne ne risque rien.

Le déroulement du massacre

Une fois les Allemands dans la ville, un officier SS se présente à la mairie et, juste après, est lu un ordre sommant les habitants de se réunir sur la place du Champ de Foire.

« Une rue de Oradour -sur-Glane »
Une rue de Oradour-sur-Glane

Ce rassemblement est justifié par un soi-disant contrôle d’identité et les Allemands, armes à la main, sonnent aux portes pour réunir la totalité des habitants. 

Même des habitants des villages alentours sont amenés sur la place du Champ de Foire.

Aux alentours de 15h, une fois le rassemblement terminé, il est indiqué aux habitants que la ville couvrirait un dépôt d’armes et de munitions.

Cela est faux et lorsque les SS demandent aux habitants possédant une arme de se faire connaître, personne ne le fait.

« Une carcasse de voiture calcinée à Oradour-sur-Glane »
Une carcasse de Peugeot 202 calcinée dans le village

Sont alors séparés les femmes et les enfants des hommes. Les femmes et les enfants de moins de 14 ans sont placés dans l’église. Quant aux hommes de plus de 14 ans, ils sont dispersés dans différents lieux.

C’est ainsi que les hommes sont placés, par groupe d’environ trente personnes, dans six endroits différents : les granges Landy, Milord, Desourteaux, Denis, Bouchoule et dans le garage Beaulieu.

« L’église de Oradour -sur-Glane »
L’église du village

Vers 16h, tous sont mis à mort. Les hommes sont tués par des armes automatiques tandis que les femmes et les enfants subissent une explosion dans l’église avant d’être abattus par des soldats allemands.

Pendant ce temps, les soldats allemands, qui ne participent pas au massacre, pillent le village avant de l’incendier. Bien que le massacre s’arrête à ce moment, l’horreur continue puisque les Allemands reviennent les jours suivants pour enterrer les corps brûlés. 

« Le bureau de poste de Oradour -sur-Glane »
Le bureau de poste

Seule une trentaine d’habitants du village survivent au massacre d’Oradour-sur-Glane.

Oradour après le massacre

Dès 1953, des maisons sont construites à quelques mètres des maisons en ruine. Il n’y a que la rue qui conduit du “nouveau bourg” aux ruines qui porte un nom : l’avenue du 10 juin.

« L’entrée sud du village de Oradour -sur-Glane »
L’entrée sud du village

Jusque dans les années 90, le village ne connaît que la tristesse et le deuil. Il n’y a plus aucun signe de joie. Les enfants ne jouent plus dans les rues, il n’y a plus aucune enseigne sur les commerces ni aucune aucune couleur dans les dressings féminins.

Seule la souffrance est omniprésente, elle anime toutes les conversations.

Ce n’est qu’à partir de 1988 que le long deuil se termine et que les premières tentatives de reconstruire une vie plus joyeuse se dessinent.

Le Mémorial

Le Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane a été inauguré en juillet 1999. Il a pour objectif de rappeler aux visiteurs, sous forme d’une exposition permanente, les crimes commis par la barbarie nazie, en général, et les atrocités perpétrées à Oradour-sur-Glane, en particulier. 

Il nous incombe de perpétuer la mémoire auprès des générations futures.  

« Le centre de mémoire de Oradour -sur-Glane »
Le centre de mémoire de Oradour-sur-Glane

La visite

J’ai visité Oradour-sur-Glane à l’occasion d’un voyage consacré aux plages du débarquement. Sa visite n’étant pas prévue au programme, j’ai dû faire un grand détour pour m’y rendre. 

« Une stèle pour les victimes d’Oradour-sur-Glane »
Une stèle dédiée aux victimes du village

Je me suis rendue au village par un tunnel situé près du mémorial. J’ai cheminé dans des rues bordées de maisons dégradées par le feu et les intempéries. 
Des traces d’un ancien tramway, des plaques avec les noms de métiers disparus, des objets du quotidien rouillés et calcinés ainsi que des impacts de balles témoignaient du caractère violent et inattendu des représailles allemandes. 

Il n’y a pas de mot pour décrire ce champ de ruines, cette désolation et l’incompréhension face à autant de cruauté.

Un silence profond et glaçant baignait le bourg laissé en l’état. Habituée aux voyages de mémoire et au recueillement sur les lieux marqués par le nazisme, je n’ai jamais ressenti d’aussi étranges sensations.
J’ai eu l’impression que le temps avait suspendu son cours pour figer ce village et ses souffrances dans l’éternité. 

« Le silence est imposé à Oradour-sur-Glane »
Un silence impressionnant plane sur les lieux

Oradour est un lieu incontournable pour le devoir de mémoire. Les intolérances mènent l’Humanité à sa perte. Soyons vigilants pour plus jamais connaître une telle barbarie. 

Petites infos

Vous trouverez les renseignements nécessaires à cette visite en cliquant sur le lien ici

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