« La grande verrière du chœur de la collégiale Notre-Dame à Huy »

La collégiale Notre-Dame de Huy

La collégiale Notre-Dame et Saint-Domitien de Huy est un monument historique. Depuis 1933, elle porte le double nom de Notre-Dame et Saint-Domitien et figure dans la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie..
Sa visite est incontournable lorsque l’on part à la découverte de la cité hutoise.

Sa situation

Dressée sur la rive droite de la Meuse, au pied d’un fort, elle affiche fièrement ses trois tours carrées visibles de loin. Proche du cœur de la ville, cette vieille dame a suivi de près l’évolution de la ville au cours des siècles et a subi les affres d’une histoire parfois bien tourmentée.

La collégiale à Huy – crédit photo > Dominique Duchesnes

Son histoire

Depuis le Ve siècle, plusieurs sanctuaires dédiés à la Vierge ont précédé l’édifice gothique que nous connaissons.
Au XIe siècle, l’évêque de Liège Théoduin de Bavière a fait bâtir une collégiale de style roman. La crypte est la seule partie encore visible de cette construction. Elle abrite aujourd’hui un musée.

En 1311, le prince-évêque de Liège,Thibaut de Bar, a posé la première pierre de la collégiale gothique actuelle. Construite en plusieurs étapes, les travaux de l’église se sont achevés 225 ans plus tard.

L’intérieur de la collégiale

La Révolution française a sérieusement endommagé son mobilier et ses décorations. Le bâtiment a échappé de justesse à la démolition. Après le Concordat, en 1801, Napoléon Bonaparte a rendu le sanctuaire au culte de la paroisse.

En 1803, la foudre a occasionné des dégâts au bâtiment. La flèche de la grande tour, haute de 60 mètres, est tombée sur la nef. Elle n’a pas été reconstruite.
À partir de 1851, l’édifice a fait l’objet d’importantes restaurations. Ces travaux se poursuivent toujours à l’heure actuelle.

Son architecture

La collégiale est un heureux mélange de style gothique rayonnant et de style gothique flamboyant.
Elle a été bâtie sur une étroite plaine alluviale coincée entre la rivière le Hoyoux et une colline. C’est la raison pour laquelle elle possède un faux transept.

Elle se caractérise par ses trois tours carrées : une tour principale côté Meuse et deux tours jumelles côté ville. Le carillon est placé dans la tour nord, il comporte 49 cloches

La rosace « Li rondia », le plus grand vitrail de Belgique, perce la tour principale. Créée, dans les années 70, par le maître verrier liégeois Raymond Julin, elle remplace un vitrail détruit durant la Seconde Guerre Mondiale.

« Li Rondia, une belle verrière de la collégiale  »
« Li Rondia », la plus grande rosace de Belgique

Une verrière, d’une hauteur de vingt-deux mètres, illumine le chœur. Elle est l’une des plus grandes verrières d’Europe.

« La grande verrière du chœur de la collégiale Notre-Dame à Huy »
Le chœur et sa grande verrière

Avant le XIXe siècle, le portail, dans le transept sud, s’ouvrait sur la rue des Cloîtres. Au début du XIXe siècle, il a été obturé par la pose du cénotaphe d’Hadelin de Royer. Ce monument funéraire baroque, datant de 1640, représente la mise au tombeau du Christ par Joseph d’Arimathie et Nicodème.

Le cénotaphe d’Hadelin de Royer
«  Le retable latéral de la collégiale de Huy  »
L’autel latéral de la collégiale Notre-Dame.
« La nef latérale droite de la collégiale de Huy »
La nef latérale droite de la collégiale
« La chair de vérité de la collégiale de Huy »
La nef latérale gauche avec la chaire de vérité



Ses décors

Les fresques des voûtes, de magnifiques entrelacs de fleurs, datent de 1521. Une première restauration a eu lieu, en 1810, à la suite de l’incendie de 1803.

« Le plafond de la collégiale de Huy  »
Les voûtes fleuries

Le maître-autel est magnifiquement décoré de plaques de laiton. Il a été confectionné , en 1886, à Liège, dans de l’atelier J. Dehin et frère. Il est surmonté par la dernière Cène, une œuvre réalisée par le sculpteur anversois Peter Peeters, en 1913.

« Le retable principal de la collégiale de Huy »
Le maître-autel

Le bel aigle en laiton, un lutrin, à également été réalisé dans l’atelier liégeois J. Dehin et frère, en 1885. Il est la copie d’un lutrin, datant du XVe siècle, appartenant à l’église Notre-Dame de Tongres.

« Le chœur de la collégiale de Huy »
Un lutrin en laiton

La chaire de vérité, en chêne, a été sculptée, en 1870, par l’artisan louvaniste Goyens.

La chaire de vérité

Depuis l’incendie, le jubé ne possède plus d’orgue. Il a été remplacé, en 1913, par un autre orgue placé dans le chœur. Malheureusement, son emplacement l’empêche de bien résonner dans tout l’édifice.

« L’orgue de la collégiale de Huy  »
Un orgue dans le chœur

La statue en bois de Saint-Christophe portant l’enfant Jésus a été réalisée réalisé vers 1520

«  La statue de Saint-Christophe dans la collégiale de Huy »
La grande statue en bois de saint-Christophe

Le trésor de la collégiale Notre-Dame de Huy

La crypte de la collégiale est accessible depuis la nef latérale droite de l’église. Telle une caverne d’Ali-Baba, elle abrite des œuvres somptueuses et inestimables réalisées entre le IXe et le XIIIe siècle.

Le trésor se compose de tissus précieux provenant de Boukhara et d’Irak, d’une croix de l’abbaye de Solières, de sculptures médiévales et baroques, de pièces d’orfèvrerie et de quatre magnifiques châsses, dont celle de saint-Domitien attribuée à Godefroid de Huy. Ces dernières témoignent d’un savoir-faire exceptionnel des artisans hutois d’antan.

Mais, l’œuvre la plus célèbre est le « Médaillon de l’Arbre de Vie ». Ce joyau, datant de 1160, est mondialement reconnu comme étant l’un des plus beaux émaux de la région mosane.

Médaillon « L’arbre de vie » -:crédit photo > Traumrune • CC BY-SA 3.0

Le trésor en quelques images

La visite

La collégiale Notre-Dame de Huy est bel exemple d’architecture gothique de style mosan. Elle est splendide et s’intègre parfaitement à la ville de Huy. Malheureusement, toujours en cour de rénovation et cerclée d’échafaudages, elle ne se présente pas sous son meilleur jour.

Son entrée étriquée contraste avec son intérieur sobre mais spacieux. J’ai été impressionnée par la luminosité du bâtiment lieu, malgré le temps pluvieux, par les belles peintures de ses voûtes et les jeux de lumière de ses magnifiques vitraux.

À mon grand étonnement, un sacristain et un jeune homme m’ont proposé une visite guidée de l’église. Durant près de deux heures, j’ai pu inspecter l’édifice jusque dans ses moindres recoins.

Un grand merci à ces deux belles personnes qui m’ont donné un cours d’histoire très complet sur la collégiale mais aussi sur la ville de Huy.
Pour les amateurs d’histoire, la collégiale et son trésor sont un passage obligé lors d’une visite de Huy.

« La collégiale Notre-Dame de Huy »
Des rénovations en cour

Lien utile

walloniebelgiquetourisme.be

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