« Vue sur la ville de Dinant  »

La collégiale Notre-Dame de Dinant

Une petite collégiale qui a tout d’une grande

Ses origines

La collégiale Notre-Dame de Dinant est un édifice religieux catholique situé sur la rive droite de la Meuse à Dinant, en Belgique. Il a été construit sur une mince plaine alluviale coincée entre le fleuve et une falaise rocheuse surmontée par la citadelle. Au vu de l’exiguïté du lieu, ses dimensions sont petites.

Selon une légendeSaint-Materne construit, en l’an 320, un oratoire au pied d’un promontoire surplombant la Meuse. Ce lieu consacré à la prière connaît des agrandissements successifs dans un style roman. L’église devient collégiale en l’an 934.
Cependant, au fil des siècles, le mauvais sort s’acharne sur l’édifice et lui fait subir une succession de malheurs.

Une église malchanceuse

En 1228, un morceau de rocher se détache de la falaise. Dans sa chute, il s’écrase sur l’une des ailes du sanctuaire et tue une trentaine de personnes. Un nouvel édifice, en pierre calcaire du pays, prend sa place.

« La collégiale Notre-Dame à Dinant  »
La collégiale Notre-Dame à Dinant

On s’aperçoit que, bien des années après cette remise en état, ses voûte menacent de s’effondrer. Les bâtisseurs les démontent et les reconstruisent. 

En 1554, la ville de Dinant est, à nouveau, mise à sac et brûlée par les troupes du duc de Nevers. Des projectiles de canons français, envoyés sur la citadelle, retombent sur l’église. Une nouvelle restauration s’impose.

Un curieux clocher

Une dizaine d’années plus tard, on affuble la collégiale d’un étrange clocher sous forme de bulbe. Le clocher devait, au départ, coiffer le beffroi de l’hôtel de ville. Trop lourd pour ce dernier, le clocher trouve sa place sur la collégiale et devient un élément caractéristique de la ville.

Dans une lettre, en 1838, Victor Hugo décrit ce clocher de façon peu élogieuse : « Le clocher de l’église de Dinant est un immense pot à eau. Cependant, vue du pont, la façade de l’église  a un grand caractère, et toute la ville se compose à merveille… »

« Les statues de Saint-Materne et de Saint-Lambert dans la collégiale à Dinant »
Les statues de Saint-Materne, de Saint-Lambert et de beaux cuivres

Malheureusement, après sa pose, on constate que le bulbe penche dangereusement. Il présente une inclinaison de 90 centimètres. Faute d’argent pour le démonter, les autorités de la ville, par mesure de sécurité, vont le consolider à plusieurs reprises. Depuis lors, le clocher semble tenir debout par habitude.

Jusqu’au XIXe siècle, la collégiale subit de nombreuses réparations et trois importantes restaurations. De plus, inondée régulièrement par la Meuse, son sol est relevé, enfouissant à jamais les nombreuses pierres tombales qu’il contenait.

« La magnifique verrière a été réalisée par Gustave Ladon, les fonts baptismaux datent de 1472, la chair de vérité date du XVIIIe siècle dans la collégiale à Dinant »
La magnifique verrière a été réalisée par Gustave Ladon, les fonts baptismaux datent de 1472, la chair de vérité date du XVIIIe siècle

La série noire continue

En 1914, l’église est gravement endommagée et incendiée par les bombardements de l’armée impériale allemande.

La collégiale est reconstruite entre 1919 et 1923 en lui conférant une physionomie selon l’image qu’une collégiale devait avoir entre le XIIIe  et le XIVe siècle.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, le sanctuaire est, à nouveau, saccagé et  endommagé. La Wehrmacht s’empare de trois cloches et les entrepose dans un autre bâtiment. 

« Le buste de Saint-Perpète, le maître autel et les candélabres en dinanderie dans la collégiale à Dinant »
Le reliquaire de Saint-Perpète date de 1621, le maître-autel et les candélabres en dinanderie valent le détour

Aujourd’hui

Marquée par l’outrage des ans, les dégradations et les nombreuses remises en état, cette multi centenaire, toujours affublée de son curieux chapeau, mène une vie paisible au cœur de sa cité.

Ce sanctuaire est une église ouverte, elle est visitable tous les jours de la semaine. Bien qu’il ne reste que peu d’éléments médiévaux authentiques, l’église possède tout de même du mobilier ancien, des œuvres d’art et des beaux cuivres.

Cette collégiale vaut vraiment le détour. C’est un monument d’exception et l’un des plus beaux fleurons des débuts de l’art gothique en Wallonie

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