« La cité antique d’Éphèse »

La cité antique d’Éphèse

J’ai eu l’occasion de découvrir Éphèse lors d’un séjour à Bodrum. Située près de Selçuk, cette ancienne cité gréco-romaine a été, de l’Antiquité à l’époque byzantine, une des villes portuaires les plus importantes de la mer Égée.
De grands empereurs romains y ont laissé leurs empreintes.

Un peu d’histoire

Je ne vais pas ici vous conter l’histoire complète de cette cité. Sachez cependant que cette ville a été fondée au 10ème siècle avant JC. Capitale de la province romaine d’Asie Mineure, elle a connu son heure de gloire, entre le IIe siècle et le Ie siècle avant JC. En effet, sa notoriété était semblable à celle d’Alexandrie.

Elle a aussi joué un rôle prépondérant dans l’expansion du christianisme. On suppose que la vierge Marie ainsi que l’évangéliste Saint-Jean seraient venus s’y établir.
De plus, ce serait à Éphèse qu’aurait été assassinée Arsinoé IV sur ordre de Cléopâtre, sa propre sœur et reine d’Egypte.

Malheureusement, à partir du 7e siècle, l’envasement progressif de son port, des séismes, des épidémies et des invasions ont provoqué la fin de la cité.

Crédit photo : turcotour.org

Éphèse se trouve à 3 heures de route de Bodrum. Le site, tout en longueur, est vraiment grand. Il faut 3 ou 4 heures pour le visiter.
Le site comporte deux entrées. Je suis rentrée sur le complexe par la porte nord. Ce lieu mythique est très prisé par les touristes.Y faire des belles photos, en toute tranquillité, relève de l’exploit.
Voici un tour en images des principaux monuments.

Le temple d’Artémis à Éphèse

C’est dans ce centre que se dressait le célèbre temple d’Artémis, l’une des sept merveilles du monde antique.
Artémis, déesse de chasse et de la nature sauvage, était la divinité protectrice de la cité. L’Artémis éphésienne était représentée sous la forme d’une femme pourvue de nombreux seins.
Du temple d’origine, il ne reste qu’une colonne et le morceau d’une autre.

Le bain de Varius

Le bain de Varius, construit au Ie siècle avant JC, était l’un des plus grands thermes d’Éphèse.
De l’air chaud, circulant dans des conduites placées sous le plafond, assurait le chauffage du bain. Comme on peut le voir, nous n’avons rien inventé !

« Le bain de Varius à Éphèse en Turquie  »

L’Odéon à Éphèse

Adossé à une colline, ce petit théâtre, construit en l’an II après JC., pouvait contenir 1500 personnes assises. Il servait de lieu de réunion aux personnalités de la ville. On y organisait également des événements musicaux.
De la basilique, située près de l’Odéon, il ne reste que quelques rangées de colonnes. Construite au Ie siècle, sous le règne de l’empereur Auguste, elle servait de centre commercial.

« L’Odéon à Éphèse en Turquie »
« L’Odéon à Éphèse en Turquie  »

Le temple d’Hadrien à Éphèse

Edifié au IIe siècle après JC, ce temple rendait hommage à l’empereur Hadrien. Au milieu de l’arc, reposant sur quatre colonnes à chapiteaux corinthiens, on peut apercevoir un relief dédié à Fortuna, la déesse de la fortune.
À l’arrière, sur un morceau de pierre demi- circulaire, on peut voir le relief de Méduse. Le monument comporte également une frise symbolisant la fondation d’Éphèse.

« Le temple d’Hadrien à Éphèse en Turquie  »

Les toilettes publiques d’Éphèse

Les latrines, dépourvues de séparation, étaient prévues pour 50 personnes! Elles encadraient un bassin central bordé de colonnades supportant un toit.
Une conduite d’eau, rattachée à la canalisation urbaine, serpentait sous des banquettes en pierre percées de trous en forme de « U ». Ce système permettait de faire disparaître rapidement les odeurs. Une petite voie d’eau placée devant les latrines permettait aux utilisateurs assis de se laver les mains.
En-dehors du manque d’intimité, ces toilettes étaient résolument modernes.

« Des latrines antiques à Éphèse »

L’avenue des Curètes

À l’époque romaine, une classe de prêtres gérait les affaires religieuses et administratives de la ville.
Ces prêtres, appelés «Curètes », devaient garder allumé le feu sacré dans l’hôtel de ville.
Chaque printemps, ils empruntaient l’avenue, une des trois principales rues d’Éphèse, pour aller célébrer la déesse Artémis.
Au loin, on peut apercevoir la silhouette de la bibliothèque de Celsius.

« La rue des Courètes à Éphèse en Turquie »

La bibliothèque de Celsius à Éphèse

La Bibliothèque de Celsius, située à l’extrémité de la rue des Courètes, a été édifiée en l’honneur du gouverneur Tiberius, en l’an 117. Elle abritait plus de 12000 rouleaux disposés dans des niches.
Elle était la troisième plus grande bibliothèque du monde, derrière celles d’Alexandrie et de Pergame.
Sa restauration est une belle réussite. Le monument est vraiment magnifique.

« La bibliothèque de Celsius à Éphèse en Turquie »

La maison de tolérance

En face de la bibliothèque de Celsius et au Nord de la rue de marbre, se dressait un groupe de bâtiments occupés par une maison de tolérance.
Les bâtiments se composaient de chambres et de salles construites autour d’une cour. Ces constructions datent du IV siècle après JC.
Un panneau explicite posé dans les toilettes publiques et au début de l’avenue de marbre indiquait la présence de cette maison et affichait l’inscription : « suis-moi ».

« Une maison de tolérance à Éphèse en Turquie »

Les portes de Mazeuss et Mithridates

Immédiatement à droite de la bibliothèque de Celsius, on peut apercevoir les portes de Mazeuss et Mithridates. Construites en l’an 4 avant JC., elles portent les noms de deux esclaves affranchis qui ont construit l’édifice en hommage à l’Empereur Auguste. Ces portes ouvraient sur l’Agora.

L’Agora

L’Agora, construite durant la période hellénistique, était le grand centre commercial de la ville.
On y trouvait des magasins et des échoppes présentant des produits alimentaires et artisanaux venus de tous les coins de l’Empire romain.

La basilique de Saint-Jean à Éphèse

Saint-Jean et la vierge Marie seraient venus à Éphèse, en 42 après JC, fin d’ y propager le christianisme.
Les restes d’une basilique sont encore visibles. La tombe de Saint-Jean se trouve dans un mausolée dont la coupole a aujourd’hui disparu.

« La tombe de Saint-Jean à Éphèse »

L’enceinte fortifiée

L’église Saint-Jean est située à l’intérieur de l’enceinte fortifiée qui protégeait la colline d’Hagios Theologos (Ayasoluk).
Cette fortification, de 1 800 m de longueur, avait été bâtie entre le VII et le VIIIe siècle. Elle protégeait la ville et la basilique des raids arabes.

La citadelle à Éphese

La porte des persécutions

La porte du sud, surnommée « Porte de la Persécution » présentait, sur son linteau, une pierre sculptée d’un bas-relief représentant la rencontre d’Ulysse avec le héros Achille.
Ce bas-relief est conservé dans un musée.

« L’entrée de la basilique Saint-Jean à Éphèse en Turquie »

L’avenue de marbre

Cette avenue, sous laquelle se trouvait une grande canalisation, date de l’époque hellénistique. Cette rue était couverte de marbre depuis le grand théâtre jusqu’à la bibliothèque de Celsius. La chaussée était bordée, de part et d’autre, d’espaces destinés aux piétons.

« La rue de marbre à Éphèse en Turquie »

L’avenue du port

L’avenue du port était aussi une allée marbrée qui reliait le grand théâtre au port. Ce dernier était, dans l’Antiquité, situé à l’embouchure du fleuve Caystre et de la mer.
Aujourd’hui, suite à l’ensablement, la mer se trouve à 7 kilomètres de la cité.
Bordée de magasin, l’avenue était également utilisée pour des cérémonies d’accueil de personnalités. Sous la chaussée, des canalisations s’étendaient jusqu’au port.
Restaurée sous le règne d’Arcadius, elle a pris le nom d’ « avenue acadienne ».

Le grand théâtre à Éphèse 

Tout en marbre également, cet édifice était l’un des plus grands théâtres de l’Antiquité. Il pouvait contenir plus de 24 000 personnes. Des spectacles y étaient donnés dont des combats gladiateurs.
Sur la photo ci-dessous,on aperçoit bien la rue de marbre, à droite, et l’avenue arcadienne, à gauche.

« Le théâtre à Éphèse en Turquie »
« Le théâtre d'Éphèse »

La mosquée d’Isa Bey

Cette mosquée, construite sur une plaine, date de 1375. Visible depuis l’église Saint-Jean, ses dômes et sont minaret en briques attirent le regard.

«  La mosquée d'Isa Bey à Éphèse en Turquie  »

Comme on peut le voir, il ne reste que peux de chose de cette ancienne cité portuaire flamboyante.
Avec ses nombreux décombres, il est très difficile de se représenter la ville telle qu’elle était à l’origine.
Quoiqu’il en soit, la visite de l’une des plus anciennes cités grecques a été, pour moi, une découverte enrichissante.

Pour en savoir plus

Cityzeum

Commentaires sur l’article “La cité antique d’Éphèse”

  1. Je suis allé à Bodrum et à Ephèse. J’ai été déçu par ce deux endroits. Bodrum n’est pas terrible et Ephèse est tellement antique qu’elle est en morceaux. Vieux pour vieux, j’ai préféré Pompéi et Herculanum.

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