La Bataille des Ardennes, les derniers soubresauts de la bête

Depuis le débarquement en Normandie, en juin 1944, les Allemands n’ont cessé de perdre du terrain, abandonnant les territoires conquis.

En septembre 1944, la Belgique est libérée par les armées anglaise, américaine et canadienne.

Le front occidental le 15 décembre 1944 Photo : Domaine Public

Objectif Anvers

À quelques jours de la fête de Noël 1944, le Führer se lance dans une  « campagne-éclair ». La «bête» nazie n’est pas encore morte. Dans d’ultimes soubresauts, elle prépare, en secret, une dernière riposte afin de reprendre la situation en main.

Dans un premier temps, pris de court, les Américains rebroussent chemin avant de rétablir la situation grâce, notamment, à la résistance héroïque de Bastogne. 

En décembre 1944, les alliés pensent en avoir presque fini avec les armées d’Hitler car les combats se déroulent désormais aux portes du Reich. 

Soldats de la Waffen-SS sur la route de Saint-Vith à Malmedy, durant l’offensive des Ardennes photo : Domaine Public

Offensive de « von Rundstedt »

Le 16 décembre 1944, tôt le matin, Gerd von Rundstedt, l’un des principaux chefs de l’armée allemande, déclenche une attaque. Des centaines de Panzers sortent de leurs lignes et partent à la conquête des Ardennes. C’est la contre-offensive dite de « von Rundstedt ».

Son objectif est de percer, de façon inattendue, les lignes alliées le long de la frontière allemande,en vue d’atteindre Anvers. La prise du port peut constituer une nouvelle plate-forme de départ pour l’Allemagne. Elle signifie également l’encadrement, par les Allemands, de la moitié des troupes alliées en Europe. 

Au début, les Allemands profitent des conditions atmosphériques extrêmement mauvaises qui clouent au sol l’aviation américaine.

Char américain (chasseur de chars M36 Jackson ) Photo :Domaine Public

La Wehrmach avance vite face à des alliés pris au dépourvu. Pendant quelques jours, elle peut se croire revenue aux heures de la « Blickskrieg », la guerre éclaire de 1940.

Mais le contexte n’est plus le même. Très vite, elle doit faire face à des points de résistance acharnés comme Bastogne, où des milliers d’Américains assiégés défendent la ville.   

Résistance alliée

Pendant près d’un mois les avances, les poussées et les encerclements allemands seront tenus en échec par la 101ème division américaine Airborn. Cette dernière résiste vaillamment dans la ville de Bastogne assaillie malgré un hiver rigoureux et des températures sibériennes. 

Le 22 décembre 1944, à midi, à la sommation de reddition de la ville, le général Mac Auliffe répond « nuts », en d’autres mots, « allez vous faire voir ».

Dès le lendemain, le temps s’éclaircit et l’aviation alliée peut sortir à nouveau.
Le 26 décembre 1944, la situation s’inverse. La 3ème armée du général Patton brise l’encerclement de Bastogne.

Des soldats américains de la 101e division aéroportée surveillent la route qui mène à Bastogne Photo : Domaine Public

L’offensive allemande est stoppée à Celles, à quelques kilomètres de la Meuse. La Bataille va encore durer près d’un mois, dans la neige et le froid.

Il faut attendre le 30 janvier 1945 pour que les Allemands soient repoussés au-delà de leur position de départ.
En définitive , l’opération n’a fait que retarder l’avance des anglo-américains à l’Ouest au profit des Russes à l’Est.

Bilans désastreux

Les dégâts matériels sont considérables. Certains villages sont rayés de la carte par des bombardements ennemis et Alliés. Malmedy, Saint-Vith, La Roche, et bien d’autres, en ont fait la triste expérience. 

Le centre de Houffalize après les bombardements de 1944-1945

Le bilan humain est lourd :  65838 morts ou disparus parmi les civils, les Allemands et les Alliés.
C’est plus que lors du Débarquement en Normandie !   

Prisonniers américains massacrés à Baugnez (Malmedy) le 17 décembre 1944.

Deux jours après la fin des combats, s’ouvre la conférence de Yalta. Pendant une semaine, au bord de la mer Noire, Churchill, Staline et Roosevelt se concertent sur le sort futur de l’Allemagne et du Japon dont la défaite ne fait plus de doute.

Le peuple belge reconnaissant

La création du Mémorial du Mardasson est un projet né d’une initiative de l’ « Association Belgo-Américaine ». Ce groupement, créé en 1945, et composé de dignitaires belges, souhaite édifier un monument pour perpétuer la mémoire de l’un des plus sanglants combats de la Seconde Guerre Mondiale.

Bastogne a été choisie pour ériger ce magnifique cadeau du souvenir, car l’effort américain y a été décisif.
Pour les Américains, Bastogne symbolise leur esprit légendaire de résistance, mais aussi leur sens de la riposte victorieuse.

« Le mémorial du Mardasson à Bastogne  »
Le Mémorial du Mardasson

75 ans après

L’année 2019 a été marquée par le 75e anniversaire de cette célèbre bataille et par les festivités organisées du 13 au 15 décembre 2019. Durant ce week-end, plus de 100.000 personnes ont rejoint Bastogne pour participer à ces commémorations.

De plus, 36 vétérans américains sont également revenus pour l’occasion. Ils ont été les hôtes de marques de ces festivités.Ils étaient accompagnés de la Présidente de la Chambre des Représentants des États-Unis, Madame Nancy Pelosi.

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